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  • Président-fondateur d’Heuristik Communication, un cabinet de conseil en stratégie de communication et de gestion de la réputation pour les dirigeants, les entrepreneurs et les personnalités publiques
  • Auteur du blog Le Blog du Communicant
  • Ancien Directeur de la Communication et des Affaires Publiques de Google
  • Ancien journaliste pour le journal La République du Centre à Orléan, au Celsa, et pour les radios Radio France Landes, Radio France Dôme, RMC

 

De la communication à la e-réputation, quelles sont les étapes recommandées ?

Communication et réputation ont toujours été intimement liées. Simplement, il était plus aisé auparavant de mettre en place une stratégie de communication pouvant nettement influer sur sa réputation auprès de ses publics. L’avènement du numérique et des réseaux sociaux a largement complexifié la donne. Aujourd’hui, votre réputation se nourrit de plus en plus de ce que votre écosystème pense, écrit et dit de vous. Désormais, il devient quasi impossible de décréter et façonner soi-même sa réputation. Il faut tenir compte des autres, les écouter, converser et rectifier le cas échéant. En termes de communication digitale, il convient donc de prendre d’abord conscience de ce changement de paradigme. Ensuite, il s’agit de bien comprendre et identifier les acteurs que vous avez en présence, la tonalité des discours, les attentes et les tendances, les alliés potentiels et les adversaires irréductibles, etc. Ce n’est pas qu’à la lumière de cette indispensable étape que vous pouvez ensuite mettre en place une stratégie de déploiement sur les réseaux sociaux. Mais attention, avec une vision long terme et un état d’esprit ouvert. Si vous débarquez avec une action « one shot » et très incantatoire, vous risquez justement de mettre votre réputation à mal. Sur le Web social, on communique entre pairs.

 

Quelle gouvernance quotidienne, faut-il mettre en place pour réussir sa e-réputation ?

S’il n’y avait qu’une chose incontournable à retenir, c’est la veille numérique. Il s’agit d’être apte à saisir ce qui se dit et y répondre le cas échéant. A tenir compte des signaux et les traiter en conséquence au lieu d’attendre un hypothétique oubli ou de mettre de côté. Ensuite, la question de la posture est importante. Longtemps, les marques, les entreprises, les dirigeants et les experts ont parlé du haut de leur chaire médiatique à un public uniquement destinataire. Aujourd’hui, ce dernier s’exprime. Il dispose aussi de sources d’informations multiples et est capable de mettre à mal votre argumentation ou d’exiger de vous des contenus à vraie valeur ajoutée et non plus du blabla cosmétique et déclamatoire. Cela suppose donc d’être capable d’humaniser sa communication, de faire preuve d’empathie et d’écoute active pour apporter les réponses les plus adéquates. De même, tout ce qui procède du collaboratif est apprécié. Les clients, les consommateurs, bref tous ceux qui gravitent dans votre sphère apprécient d’être sollicités, d’avoir leur mot à dire. Si vous parvenez à réunir ces conditions, vous pouvez légitimement espérer une réputation positive et durable.

 

Et la e-influence dans tout cela synonyme ou autre problématique ?

L’e-influence découle précisément de cette capacité à modifier substantiellement les vieux schémas de communication unilatéraux qui ont longtemps prévalu. Aujourd’hui, votre influence passe plus que jamais par ce que vous faites concrètement et moins par ce que vous dites. Il est essentiel de faire savoir mais à condition que cela repose sur des arguments et des faits tangibles. C’est un formidable défi car cela va quelque peu à rebours des habitudes de communication classiques avec un émetteur et des récepteurs. Désormais, chacun joue alternativement ces rôles. Votre capacité d’influenceur augmentera à mesure que vous contribuerez efficacement au débat, que vous accepterez d’être parfois challengé. L’e-influence (et l’influence tout court d’ailleurs) ne se décrète plus, ni ne se base uniquement sur des galons hiérarchiques, statutaires, financiers ou sociaux. Elle se nourrit par votre habileté à interagir avec votre environnement.